Montréal
le 15 mars 2007
Lecture et bibliothèques scolaires : quels engagements?
La Table des milieux documentaire et archivistique du Québec
a placé le dossier des bibliothèques scolaires
comme prioritaire dans son premier plan d’action.
La Table, tout récemment formée, regroupe
l’Association pour l’avancement des sciences
et des techniques de la documentation (ASTED), la Corporation
des bibliothécaires professionnels du Québec
(CBPQ), l’Association professionnelle des techniciennes
et techniciens en documentation du Québec (APTDQ),
l’Association des bibliothécaires du Québec/Quebec
Library Association (ABQLA), les Bibliothèques publiques
du Québec (BPQ), l’Association pour la promotion
des services documentaires scolaires (APSDS) et l’Association
des archivistes du Québec (AAQ). La Table a pour
mission de regrouper les forces vives dans une perspective
d’illustrer leur expertise et leur savoir-faire dans
le respect de l’identité et de la mission de
chaque association.
En
janvier 2005, le ministre de l’Éducation, Pierre
Reid, reconnaissait l’importance de la lecture dans
la réussite scolaire et annonçait un Plan
d’action sur la lecture échelonné sur
trois ans, avec comme objectif « de contribuer à
inculquer aux jeunes le goût de lire davantage et
d’intégrer la lecture dans leurs activités
quotidiennes ». Diverses mesures se sont greffées
au Plan d’action. L’une d’elles comporte
un investissement de 60 millions de dollars, dont 20 millions
proviennent des commissions scolaires, pour l’acquisition
de nouveaux livres. On parle, grosso modo, d’un montant
de 20 $ par élève pour revitaliser les collections
des bibliothèques scolaires.
Cette
mesure répondait en partie aux revendications de
la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires
qui, depuis 2002, dénonçait l’état
d’abandon dans lequel se trouvaient les bibliothèques
des écoles du Québec. Cette Coalition qui
regroupe tous les acteurs du livre et de la lecture - écrivains,
éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires
et animateurs de la lecture et du livre - demandait alors
un meilleur financement pour assurer la présence
de personnel qualifié, l’accès à
une collection de documents diversifiés répondant
adéquatement aux besoins et aux attentes de nos élèves
d’aujourd’hui, ainsi qu’à des locaux
et des équipements adéquats. Déjà,
lors de la divulgation du Plan d’action, on souhaitait
que les commissions scolaires engagent des professionnels
en documentation, et on soulignait l’importance de
poursuivre ces efforts au-delà des trois ans.
Le
Plan d’action sur la lecture arrivera à échéance
en juin de cette année. L’heure des bilans
sonnera bientôt, mais d’ores et déjà
la Table de pilotage du renouveau pédagogique a fait
sienne la recommandation de reconduire le Plan d’action
et d’allouer des ressources supplémentaires
pour permettre aux commissions scolaires d’engager
des bibliothécaires pour la gestion des bibliothèques
et un meilleur soutien aux enseignants.
La
période électorale s’avère un
moment privilégié pour comparer les plates-formes
des différents partis en lice. Les bibliothèques
scolaires, même si elles ne constituent pas un enjeu
majeur, ont-elles la cote auprès de nos aspirants
dirigeants? À la lecture des programmes, force est
de constater que seul le Parti libéral du Québec
s’est engagé à promouvoir la lecture
à l’école, notamment en favorisant «
l’embauche de bibliothécaires et de personnel
ayant des compétences dans l’animation et la
gestion des bibliothèques scolaires ».
Aujourd’hui,
la Table des milieux documentaire et archivistique du Québec
interpelle les autres partis politiques qui aspirent à
diriger les destinées du Québec pour un prochain
mandat et leur demande de se prononcer sur les suites qu’ils
donneront à la recommandation de la Table de pilotage
du renouveau pédagogique en ce qui concerne la promotion
de la lecture et plus spécifiquement, l’allocation
de ressources, non seulement pour l’achat de livres,
mais aussi pour l’embauche de professionnels en documentation.
Il
est de notoriété publique que l’acquisition
de la pratique de la lecture dès l’enfance,
et conséquemment en milieu scolaire, constitue un
enjeu majeur pour une société comme la nôtre
dont les fondements économiques et les modes d'échanges
reposent de plus en plus sur cette capacité d'appropriation
des mécanismes de la lecture qui correspondent à
une réalité complexe : compréhension,
analyse, sens critique, compétences langagières,
etc. Aussi, nous apparaît-il nécessaire de
souligner l’importance, pour nos écoles qui
ont pour mission de proposer aux élèves un
environnement propice à la réussite, de retrouver
du personnel qualifié, spécifiquement formé
aux enjeux de la lecture dans les bibliothèques et
non pas seulement un accès à des ressources
documentaires.
Cette
invitation pressante s’inscrit dans la continuité
du Manifeste de la bibliothèque scolaire,
publié en 2000 conjointement par l’Unesco et
l’International Federation of Library Associations
(IFLA) lequel demande l’appui d’une législation
et d’une politique spéciales aux autorités
locales, régionales et nationales, de qui elle (la
bibliothèque scolaire) relève. De plus, selon
le Manifeste, « il lui faut un financement
suffisant et régulier pour pouvoir disposer d’un
personnel bien formé, de documents, de technologies
et d’équipements… ». Le PLQ s’est
prononcé.
Que disent donc les autres partis sur ce sujet?
La
Table des milieux documentaire et archivistique du Québec
Nathalie Gélinas, présidente, AAQ
Mary Jane O’Neill, présidente, ABQLA
Andrée de Bellefeuille, présidente, APSDS
Judith Mercier, présidente, APTDQ
Denis Boisvert, président, ASTED
Suzanne Payette, présidente, BPQ
Michel Claveau, président, CBPQ
Porte-parole
du dossier scolaire :
Jocelyne Dion
Tél. : (450) 430-0370
Courriel : jodion@sympatico.ca
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